Catharina Alidé Meier
I am Catharina Alidé Meier a Black transdisciplinary spatial designer and artist of Beninese-German origin, based in Berlin. My work operates at the intersection of architecture, urban planning, social design, and visual arts, informed by over ten years of international experience across Europe, Africa, and the USA. Working with photography, drawing, video, text and installation, I explore themes of identity, Black womanhood, and Afro-diasporic belonging in relation to space, memory and representation. My practice combines artistic and spatial approaches to question visibility, equity and inclusion within built and social environments. Through my studio Alidé, I develop installations and public interventions that challenge disciplinary boundaries and center community and environmental resilience. I am also the founder of Black Creative Builders and Architektinnen* in Berlin, advocating for more diverse and inclusive perspectives in the built environment.
Texte sur l’endométriose et le milieu professionnel
Je réfléchis à publier un texte depuis plus de deux ans afin de partager mon parcours en tant que designer, femme noire, vivant avec l’endométriose et reconnue en situation de handicap sévère. Cette maladie traverse et façonne tous les aspects de ma vie depuis près de vingt ans. Après des années de douleur, d’errances médicales et de silences imposés, me voici en train d’écrire. Mon hésitation à rendre ce texte public témoigne du stigmate persistant autour de cette maladie et, plus largement, des maladies chroniques touchant les femmes, en particulier les femmes noires, dans le monde professionnel. Voici donc un texte longtemps resté à l’état latent, non publié :
Je suis designer et diplômée en architecture, fondatrice de mon studio de design. Mon travail explore la durabilité, l’inclusivité et les espaces qui prennent en compte les réalités des personnes marginalisées. Pourtant, pendant longtemps, je n’ai pas réussi à travailler en agence à cause d’une maladie encore peu évoquée dans le monde professionnel : l’endométriose. Dans ses formes les plus avancées, elle peut être reconnue comme un handicap sévère.
J’ai tenté plusieurs fois d’exercer mon métier en agence, mais au total, sur quatre ans, j’ai dû m’arrêter à cause de la maladie. Entre les crises de douleurs imprévisibles, la fatigue chronique et le manque de flexibilité, j’ai réalisé que le modèle de travail traditionnel n’était pas compatible avec ma réalité. Pourtant, j’avais du mal à faire reconnaître mon handicap dans un secteur qui valorise la disponibilité et la performance constante.
Il y a eu aussi l’errance médicale, les rendez-vous médicaux à répétition, l’opération, la réhabilitation, et les nombreuses formes de thérapie : acupuncture, ostéopathie, massages, kinésithérapie, psychothérapie… À cela s’ajoute le validisme, et la crainte de dévoiler sa maladie, son handicap, dans un cadre professionnel.
Face à ces défis, j’ai décidé de reprendre le contrôle sur mon travail et de créer mon propre studio. L’entrepreneuriat m’a permis d’adapter mon rythme, de choisir mes projets et de prioriser mon bien-être. Ce n’est pas toujours simple, mais j’ai appris à travailler autrement : avec plus de flexibilité, en intégrant des temps de repos et en développant des collaborations plutôt que de tout gérer seule.
L’endométriose et les maladies chroniques restent taboues dans le monde du travail. Pourtant, nous sommes nombreux.ses à devoir jongler entre passion et limitations physiques. Mon parcours m’a appris qu’il est possible d’aménager son travail autrement, mais cela demande du soutien, des adaptations et surtout une prise de conscience collective.
Aujourd’hui, à travers mon travail, je souhaite aussi intégrer cette réflexion sur l’accessibilité et le bien-être dans l’architecture et le design.

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